jeudi 1 mai 2008

Seras-tu accepté par les esprits de la montagne?


Bubu nous voilà! A peine le temps de faire visiter cette ville hors du commun à Marie, que nous partions en jungle.
Opération Tagpalico, le retour! Cette fois-ci, non pour assister à un festival lumads mais pour le "graduation day" de l'école élémentaire de Tagpalico et pour rencontrer les étudiants qui vont rentrer en humanité et, peut-être, intégrer un foyer en ville...



Premier jour: la montée

La jungle, même pas peur! Je me la joue James Bond, le T-shirt blanc restera blanc. Toutefois, bien que cet habillement inapproprié démontre le contraire, je sais tirer les enseignements des expériences passées... Ce n'est donc plus en clapettes que je me lance à l'aventure mais armée de bottes, d'un malong et non plus d'un paréo faisant également office d'essui, d'une lampe de poche et non plus d'un briquet avec petite lampe intégrée pour éclairer les serrures et d'un anti-moustique. Dans un élan de sympathie, j'ai également fait part de mon nouveau savoir à Paillette et Marie mais Marie, n'ayant pas des pieds de taille philippine, s'est vue contrainte de gravir la montagne en tongues-baskets. C'était une première, ce sera surement la dernière.
Après avoir traversé la rivière à pied, seul moyen d'atteindre le flanc de la montagne à escalader, nous entrons dans la jungle.
Après un certain temps de marche, nous nous installons dans un endroit, tout ce qu'il y a de plus bucolique, petit cours d'eau, végétation et insectes bruyants, pour un petit repas frugal. Le repas habituel, bien entendu tout à fait succulent: poisson séché et riz, qui nous ne le savions pas encore, allait être notre repas pour 3 jours.
Après passé le moment où tout le monde tente de rester propre, une fois arrivé au stade de la résignation, nous nous déplacions comme un troupeau d'éléphants. Droit devant, une, deux, une, deux,... ponctué bien entendu par des "oups j'ai perdu une botte" ou autres "@#*- de basket de #@*-". Autant dire qu'on était prête pour le remake de "Roger Rabit" quand les méchants sont collés au sol à cause d'une glue verdâtre. Ici point de glue, mais une boue, une boue... Après être passé près de notre ami le carabao, nous nous rendons également compte qu'il ne s'agit pas que de boue...
Enfin, nous la voyons, notre future habitation, là juste sur la colline d'en face. Charmant comme dans mes souvenirs...
Quand vient l'heure de dormir, c'est avec joie que nous constatons que nous allons squatter le même sol. La nuit sur planches en bois c'est plus un problème, enfin... pour certaines d'entre-nous. Les yeux de Marie par contre n'ont pas trop apprécié, bonjour la tête de lapin...


Deuxième jour: Le jour de la graduation.

Après une tasse d'eau bouillante, car nous n'avions pas pensé à emporter notre café (oui,j'avoue,je ne suis pas encore tout à fait au point), arrive l'heure de la graduation.
Chaque étudiant en fin de cycle primaire a son poulet prêt pour le sacrifice, les festivités peuvent commencer. Le brave sorcier leur lance la poule à la tête afin que les plumes touchent leur front en récitant des formules ou slogans dans le dialecte local, le manobo, avant de trancher la tête du poulet... Miam.

Je me vois également conviée sur scène pour la remise des diplômes et des 1300 prix qu'on reçoit à l'école ici: le plus présent au cours, le plus honnête, le plus loyal,... Personne n'est oublié.
Ensuite un petit discours de ma part et quelques long discours des professeurs et autres barangay captain, datu et sorcier... A part les poulets, les sorciers et le décor, ça ressemble à n'importe qu'elle graduation aux Philippines.
Après ce moment solennel, vient le moment de s'essayer à la conduite de carabao. Enfin, pour une première, on se laissera conduire par des enfants de 6 ans... même pas honte, on n'est pas née dans la jungle et la conduite de carabao n'est pas innée!
En fin de journée, on part avec Sister Fam visiter quelques familles et jouer avec les enfants. J'ai à l'occasion été gratifiée de quelques jolis présents que j'ai toujours sur moi.

Avant que la nuit tombe, il faut aller prendre un bain. Enfin, bain, douche sont des expressions en ces lieux. C'était l'heure d'aller se laver au milieu du village avec une sorte de tuyau en essayant de se tenir en équilibre sur les pierres afin d'éviter le bain de boue qui, a certes ses vertus, mais n'était pas le but recherché. Après avoir réalisé cet exploit digne d'une équilibriste, j'ai compris que cette tentative était vaine car il fallait bien descendre de cette pierre pour rejoindre notre logis. Résultat: seuls mes cheveux sont restés propres plus de 2 minutes. Qu'à cela ne tienne, j'adore marcher dans la boue. Le soir tombé, poisson, riz et contemplation de l'arbre à lucioles... inexplicable.








Troisième jour: le retour en ville



L'heure de la descente est arrivée, mais avant de repartir nous sommes invitées dans quelques familles des alentours. Un accueil remarquable comme d'habitude. Nous avons eu droit aux crabes, aux poissons, aux cassava cake, aux cassava crackers, aux noix de coco et au fameux tuba, l'alcool de noix de coco...
Après quelques verres, nous sommes redescendues en chantant et nous n'avons pas crié quand on nous a averti de la présence d'un serpent, ni même quand on s'est fait suivre par un cochon sauvage... C'est combien de degré le tuba?














2 commentaires:

Anonyme a dit…

Pas mal la montée en Carabao. Tu as une foule de spectateurs..... mams

Anonyme a dit…

Yep, j'suis la star! J'ai trop la classe quand je monte sur un carabao!