mercredi 30 avril 2008

Vis ma vie de Pop Corn...



Sister Famita m'a fait découvrir la "sensation Pop Corn" à l'occasion d'une visite de filleul. Partis du foyer de Butuan, nous arrivons, après une demi-heure de camionnette, en bas d'une montagne. Des arbres couchés sur la route nous empêchant de passer, nous descendons tous de la camionnette et deux de nos compagnons de route vont sonner aux portes pour demander de l'aide, ou plutôt, ils vont crier "Ayo" devant chaque cabane en bois des alentours afin de nous trouver un habal-habal. Désolée j'ai tendance a utiliser des expressions figées pas très représentatives. Mais le résultat est là. Après avoir négocié le prix avec un des habitants du village, nous enfourchons tous la moto ailée.
Une fois les troncs d'arbres passés, nous nous retrouvons face à une route en pierres, enfin ce n'était pas une route, si l'on en croit la petit Robert, mon éternel allié, il s'agissait d'un mur de pierres... Qu'à cela ne tienne, tête brûlée, notre chauffeur met les gaz et baf c'est l'embardée, c'est la catastrophe, c'est la chute. Sister, qui avait habilement coincé ses pieds derrière les barres de l'engin de malheur sur lequel nous étions assis, ne tenait plus que par ceux-ci, le reste de son corps ayant basculé derrière la moto. Coup de frein violent,tout le monde descend, gros fou rire. On remonte sur la moto mais celle-ci ne daigne plus démarrer et c'est parti, on pousse, une, deux... (Enfin, moi je prends des photos et je rie.)On remonte, on redescend, on remonte, on redescend. On a davantage marché que fait de la moto mais heureusement qu'elle était là. Le bruit du moteur qui nous devançait avait quelque chose de stimulant. Puis cette sensation qu'à tout instant on peut valser par dessus le guidon et se retrouver sous la roue arrière est tellement euh...intense. En plus les intervalles de 5 secondes où nous pouvions vivre la vie d'un pop corn au micro-onde vallait bien le coup. Toujours est-il que 3 heures après notre départ, nous n'avions toujours pas vu l'ombre d'un filleul.
Enfin, nous arrivons! Plein de boue et tout transpirant mais en vie, c'est le principal.

Petite discussion au sommet (de la montagne):
"Sister où qu'il est ce filleul? Qui c'est qui a choisi un filleul situé dans pareil endroit?"
"En fait, c'est pas encore un filleul. J'voulais que tu viennes visiter pour le prendre sur le programme".

Bon, on me tourne en bourrique, mais je suis en vie donc tout va bien puis j'adoooooore de Pop Corn.
Ah le voilà! Je rencontre, sa maman, sa sœur, son frère et son beau-père, la famille au grand complet. Je prends toutes les notes suffisantes. S'agirait pas de revenir 10 fois.
Après une petite papote, c'est l'heure de la descente qui, elle, se fera sur la moto! Waouw, une heure entière dans la peau d'un pop corn, c'est plus que n'en vit un vrai grain de maïs. Appuyé sur les freins, le chauffeur à l'air de souffrir mais lance des "ok lang" pour nous assurer du contraire.

C'est bon nous sommes revenus sur la terre plane, ferme, enfin dans la boue mais on préfère.


Nous remontons dans notre van mais, après 20 minutes de route, un nouvel arrêt. Un camion vient de s'embourber. Il prend tout le chemin de terre et nous sommes entourés de rizières... Rapide évaluation de la situation: nous sommes coincés.
Opération: enlever les 1300 sacs de riz qui sont dans le camion pour alléger sa charge... une heure. Par chance nous avons un câble dans notre van! Waouw nous sommes sauvés. On l'attache au deux voitures qui sont en position de duel (Enfin ils parce que moi je prends des photos et je rie). Et là, je me rends compte que j'ai parlé trop vite, le câble explose, la fumée noire envahit l'espace. En 3 secondes nous n'y voyons plus rien. Commence la mission "à la recherche d'une âme qui vive et qui possède un câble"... Paillette a bien trouvé un avocat dans les montagnes de Bukidnon, on va bien trouver un câble au milieu des rizière de Guadalupe... Je suis pleine d'espoir. C'est bon, un des gentils monsieurs du camion embourbé, plein de riz et qui fume a emprunté une moto et nous a dégoté un câble en métal... Ouach "re-enfumement" mais le camion est sorti d'affaire. Arrive donc le moment ou nous devons tirer parti des leçons de l'autre véhicule, s'agirait pas qu'on s'embourbe, même si nous on ne transporte pas des milliers de sacs de riz. C'est bon, c'est gagné, la chance nous sourit. Le dieu des transports est avec nous, on est passé, c'est l'hilarité dans la voiture.
On arrive enfin à Guadalupe. Un beau panneau en forme de poisson nous souhaite la bienvenue... C'était la veille du 1er avril, presque un signe. On est content. Les visites se passent à merveille, les filleuls ont de bons résultats, on nous offre à manger, des fruits de toutes parts et j'en apprends également sur la décomposition des noix de coco... journée productive!

jeudi 24 avril 2008

Visites de nouveaux filleuls ou le marché de Maam Petate



Le 20 avril dernier, j'ai été visiter avec Maam Petate une dizaine de familles afin de prendre de nouveaux filleuls dans son programme.
7h00 du matin, Maam Petate arrive, fraiche comme un gardon, avec une heure d'avance... je suis d'excellente humeur!
A peine le temps de m'enfiler un café et nous montons dans sa nouvelle voiture de fonction. Elle vient, en effet, d'être engagée au bureau national de statistiques à Prosperidad et ils lui ont offert une 4x4 tout ce qu'il y a de plus polluant. Elle
vient également de passer son permis, mais ayant trop peur de conduire, elle nous a affrété un chauffeur... On va faire impression dans Bubu... J'ai envie de m'enfouir sous terre.
Les visites commencent fort. Première cabane en bois, une famille de cinq personnes qui vit dans 3m2. Les parents se sont mariés très jeunes, à la sortie des humanités, mais ne regrettent rien m'affirme la maman en serrant son fils contre sa poitrine et en éclatant en sanglots. Après quelques minutes de discussion, la maman retrouve heureusement le sourire et nous partons dans un autre quartier de Butuan. Nous arrivons chez une femme qui vit seule avec sa fille. Elle tient un petit restaurant dans sa maison, ou plus justement une casserole posée sur une planche en bois dont elle vend le contenu aux voisins qui n'ont pas le temps de cuisiner. Mais Ô surprise, elle fait également des "tapis en peau de T-shirts". Elle achète des vieux T-shirts qui ne sont plus mettables et les découpe en fines lamelles, après quoi elle s'adonne à une sorte de tissage savant. Maam Petate, avec son âme commerçante, adore l'idée. Après avoir calculé quel bénéfice elle se faisait par tapis (10 pesos soit 1/6 d'euros) pour se faire une idée de son salaire et s'être exclamé, à juste titre, que c'était tout à fait insuffisant, Maam Petate se met à négocier les prix. Résultat: elle a réduit ce bénéfice à 5 pesos par tapis. Un vrai requin!
Une fois les emplettes terminées, nous continuons nos visites. Nous arrivons dans une famille où les deux parents sont vendeurs sur le marché, tiens justement. Le mari vient d'acquérir un stock de chaussettes qu'il tente de liquider. Maam Petate semble intéressée, mais le monsieur avoue que ça ne se vend pas très bien, tellement mal d'ailleurs qu'il n'en a vendu aucune, les gens n'y voyant pas d'utilité. Et là, Maam Petate réalise qu'elle non plus ne saurait pas quoi faire de ces chaussettes. Mais telle une acheteuse compulsive, son regard se pose autre chose: un chiot. C'est parti, elle l'embarque en moins de temps qu'il faut pour le dire. Nous voilà maintenant en compagnie d'un chien qui s'appellera spoty II car il est blanc à tâches noires... Allez comprendre! C'est le cinquième chien de Maam Petate et ses autres chiens répondent tous à la même règle: s'ils sont noirs c'est blacky, s'ils sont bruns c'est browny,donc lui, il est tacheté, ce sera "spoty" mais elle en a déjà un donc spoty II!
Voilà comment Maam Petate joint l'utile à l'agréable et s'évite d'aller faire les courses au Gaisano!

lundi 7 avril 2008

Baan pense en vert !

Petite visite au foyer de Baan où j'ai eu l'immense honneur d'assister à un cours de couture avec quelques filles du centre.
Ici toutefois, point de laine, peu de fils et adieu les tissus bariolés façon sixties, d'ailleurs adieu tous les tissus! Beuh que cousent-ils alors
...? Pour ne pas vous laisser dans l'ignorance, je vais partager avec vous mes nouveaux savoirs.



J'ai ainsi appris et retenu:
  • qu'on pouvait faire des T-shirts en Abaca,c'est-à-dire en fibres de feuilles de bananier de manière à obtenir une matière textile dite "chanvre de Manille". Waouw un t-shirt qui sent la banane mmmmmmh qui dit mieux?
  • qu'on pouvait également s'habiller avec des sacs de riz,les découper et en faire des shorts et des T-shirts!mmmmmmmmh un T-shirt qui sent... euh non rien!



Adieu les vêtements synthétiques, bonjour le bio, le recyclé,le vert,bonjour les démangeaisons mais c'est pour la bonne cause!
Gardez-en moi un de côté!