lundi 31 mars 2008

Anniversaire...
la suite en images:


  • Préparatifs auxquels je n'ai pas assisté étant congédiée dans ma chambre à mon arrivée, mais qui ont duré des heures. Entre maquillage, habillage et cuisinage.
  • Buffet du tonnerre avec spaghettis made in Tonio, banana kiu, riz (évidemment, faudrait pas trop me dépayser) et gâteau crémeux à souhait. Miam même pas gouté! j'me suis contentée de souffler les bougies.
  • Etaient présents: Parents, enfants et responsables des 2 programmes de Sosumpit ainsi que le Conseil d'administration du LBK et les étudiants du foyer

  • Au programme: danses, chants, voeux, couronne, poèmes, cadeaux et bouquets de fleurs.


  • Pour finir: Soirée au Moff's de Bubu avec Paillette du duo butuanesque "Clapette et Paillette" et Tonio de Manille. A nous Butuan by Night





















dimanche 30 mars 2008

* Malitbog en fête*



Le 27 février, fin d'après-midi, je prends mon bus direction Cagayan de Oro. Dgoy, assistant de la responsable du programme de Malitbog, préparait une fête que je ne pouvais manquer sous aucun prétexte... je pressentais le karaoké!
Mais avant que la vraie fête commence, étudiants et enfants de mon programme m'ont fait une surprise: ils m'ont obligée à chanter et à danser sur une chanson en français de mon choix ... Prise au dépourvu, je n'ai eu d'autres choix (parce que mon cerveau ne m'en présentait aucun autre) que d'entamer la très célèbre "bip coin coin song" et ses crazy signs associés... La dernière nuit avant mes 23 ans et me voilà entrain d'imiter les animaux de la ferme! Après cet interlude musical, qui a bien entendu fait l'unanimité et qui restera à jamais gravé dans les mémoires (surtout le moment où je fais le cochon), la vraie fête de Dgoy commence. Les enfants s'en vont et le Tanduay arrive (rhum local). Je me retrouve en compagnie des amis de Dgoy qui, contre toute attente, adorent le karaoké (comme c'est bizarre). Mais attention pas n'importe quoi! De la grande chanson dont la consécration fût le "I'm Mister Lonely" en Tagalog! Attention sortez vos mouchoirs.
Après plusieurs heures de discussion sur les coutumes européennes allant du mariage à la cuisine en passant par l'éducation des enfants,... je me décide à suivre les conseils de Sister Amy.
Cette dernière m'avait averti vers 23h, voyant que je n'étais toujours pas fatiguée et donc pas prête à aller me coucher, que je risquais d'être réveillée aux aurores, entendez par là vers 3 -4 heures du matin. Je vais donc rejoindre mon planché surélevé (entendez mon lit) car j'ai bien peur que ses prédictions se révèlent exactes. Non pas que je pense qu'elle ait des pouvoirs de prémonitions (non, non), mais que depuis que je suis là j'en ai vu et entendu parlé des anniversaires et je sais que la coutume en montagne (qui a une fâcheuse tendance à s'étendre dans les villes d'ailleurs) veut que l'on réveille le chanceux qui fête son anniversaire avant le levé du soleil!
C'est alors qu'après 2h30 de sommeil, je réalise que ma compagne de planché a disparu et que je crois entendre des chants, mais comme je vous l'ai dit ça ne faisait que 2h30 que je dormais donc je repose la tête sur l'oreiller jusqu'à ce que bouf baf, la connexion se fasse dans mon cerveau... Des gens sont effectivement entrain de chanter et bizarrement j'entends mon nom... écartant d'emblée l'hypothèse du Dwarf... je me lève et, à peine sortie de ma moustiquaire, je tombe nez à nez avec une vingtaine de personnes et une guitare. Trois secondes plus tard, je réalise que j'ai un régime entier de bananes dans les mains... des enfants s'approchent, m'offrent des fleurs, mais je suis toujours dans un demi sommeil, j'ai l'impression d'être en plein rêve...

Bouf enfin, je me réveille! Voilà qu'à 4h du matin je prends mon petit déjeuner avec 20 personnes que je ne connaissais pas il y a 6 mois et avec un charmant jeune homme qui découpe une chèvre à la machette à côté d'une tête de cochon, cochon qui a donc été précédemment décapité. Et là bizarrement pas de relents d'estomac, pas d'envie d'aller directement me recoucher, me voilà avec un sourire béat...
Ah si vous l'aviez su que moi ce qui me plairait le jour de mon anniversaire c'était un réveil nocturne, un régime de bananes, un cochon gisant et un "machettage" de chèvre...


Après cette célébration matinale (pour ne pas dire nocturne), Sister me propose d'aller me recoucher quelques heures... je ne me fais pas prier!


Second réveil 2 heures plus tard, je sors de ma moustiquaire et là, je vois tout le monde en action... "Déplumage" de poulet, "cuisage" de riz, "continuage" de découpage de nos amis porcins... Ben oui, aujourd'hui ce n'est pas que mon anniversaire, c'est aussi, et c'est pour ça que j'étais là, le blessing du bâtiment que Sister Amy tente de construire. L'idée de fêter mon anniversaire au milieu de nulle part pour faire du grand n'importe quoi (avec tout le respect que je vous dois Sister Amy) m'avait en fait charmée!
Un blessing, pour ceux qui ne le savent pas, c'est quand un prêtre vient arroser les 4 coins d'un bâtiment dont la construction vient de se terminer pour porter chance. Bon, ici, la définition a été revisitée... La construction étant tellement lente, Sister Amy n'a pu en attendre la fin pour voir le lancement d'eau bénite.
Quant à moi, je n'ai pas été très attentive lors du blessing, mon attention s'étant portée vers l'extérieur (je remets tout sur le compte de l'absence de murs). Mais c'est grâce à ce manque d'attention que je peux maintenant vous conter ce que j'ai pu découvrir, et que je vais dès lors partager avec vous, à savoir comment enlève-t-on le cochon de la broche (ou plutôt du piquet de construction) sur lequel il a été empalé de manière à être cuit? C'est très simple!
Vous prenez trois hommes et un mur en pierres. Les trois hommes tapent le bout opposé du piquet de construction sur le mur en pierres jusqu'à ce que le cochon bouge et glisse pour venir se déposer sur le plateau en bois où il se fera "fourchetter"! Miam. Maintenant vous voilà au courant.
Aussi, le prêtre ayant sans doute remarqué mon inattention passagère, m'a rappelée à l'ordre en me lançant non pas une mais trois giclées d'eau bénite en pleine tête... Mettons ça également sur le compte de l'absence de murs...

Une fois la bénédiction terminée et le festin succulent englouti (par d'autres que moi) j'ai repris ma moto puis mon bus pour Butuan où d'autres festivités m'attendaient.

jeudi 27 mars 2008


N
on-anniversaire

Sous le prétexte d'aller visiter de nouvelles familles ma nouvelle amie, Sister Nova, a réussi à me faire venir à Cabadbaran.

A peine j’avais passé la porte que je vois tous les parents et enfants de mon programme entrain de préparer des chorégraphies et de faire des vocalises.

Le temps que je réalise que tout ce petit monde est là pour moi (un temps certain parce que moi j'viens pour des visites c'est dans mon planning, j'imagine pas qu'on peut tout me bouleverser mon emploi du temps! En plus, le 24 février j’vois pas pourquoi on ferais un truc pour moi ?! moi j’suis née le 28…cerveau lent j’vous dis), le spectacle commence.

Un vrai anniversaire sur mesure ! Tout ce que j’aime… des courses relais avec des assiettes en plastique à coincer dans toutes mes articulations, des échanges de tomates par cuillères interposées, une couronne en carton et feuilles de bananier qu’on m’oblige à porter et une banderole à la Miss Belgique pour bien rappeler que c’est moi la "célébrante", des chansons où l’on apprend que la noix de coco est une grosse noix mais n’est pas une noix et que si t'en mange trop tu deviens gros…aucun sens et sur un air à la Patrick Sébastien…du sur mesure je vous dis, du sur mesure !









Après quoi nous passons au buffet préparé par les parents de nos chers bambins. Bon je ne vais pas aller jusqu’à dire que la bouffe était aussi sur mesure parce que certains pourraient croire que j’en fais trop mais la petite touche culinaire philippine m’a néanmoins fait beaucoup rire et vous aussi, croyez moi, vous auriez rit en voyant cette gelée couleur lait-grenadine avec des morceaux noirs (indéfinis encore) qu’ils m’ont tous regardé manger. Quand je rentre c’est décidé je me mets au théâtre ils ont tellement cru que je trouvais ça bon qu’ils ont failli me refiler la fin en doggy bag…ai réussi à esquiver de justesse!







Merci Cabadbaran

mercredi 26 mars 2008

Pas d'affolement, je ne suis pas morte, je ne me suis pas faite enlevée par des rebelles ni n'ai mangé un truc avarié. Je me suis bel et bien remise de la souris escaladeuse de bras, quoique ce fût assez long, et n'ai pas fait une overdose de bananes mayonnaise qui m'aurait tenue à l'écart de mon ordinateur car derrière mon ordinateur j'y suis beaucoup ces derniers temps croyez-moi! Cette désertion blogesque n'est due qu'à un manque de temps... promis j'y remédie au plus vite et je vous tiens chers amis, famille et donateurs au courant de l'évolution des programmes et de ma mission dans un avenir proche...

mardi 4 mars 2008

Le grand jour est arrivé...!



J'y avais pensé, tellement pensé que j'en avais du mal à dormir, ça provoquait en moi des sursauts, des palpitations, le coeur qui s'emballe. Je m'étais imaginée la scène, j'avais prévu la crise cardiaque, j'y songeais presque tous les jours, cela commandait la plupart de mes mouvements, avait un impact sur tous mes déplacements. J'avais l'oeil! J'avais développé un radar... J'affinais mes connaissances pour pouvoir mieux l'éviter, j'en apprenais chaque jour plus sur l'ennemi. Ennemi qui depuis quelques jours avait bizarrement disparu. Je me croyais guérie... Je me voyais flânant dans le centre, dans le noir, plus besoin d'allumer la lumière, je me voyais dansant dans ma chambre en regardant le plafond, une nouvelle vie m'ouvrait les bras
Et non Non et re-non...que du rêve tout ça! Tout a été chamboulé, mes angoisses se sont vues justifiées!... Hé oui cette nuit une souris a couru sur mon bras!
(merci de compatir)

lundi 25 février 2008

Un nouveau programme : Iligan

Ce 19 février, le 90e programme d'Enfants du Mekong aux Philippines a célébré son ouverture officielle. Seize enfants sont désormais sponsorisés à Digkilaan, c'est-à-dire dans les environs de la ville d’Iligan qui est située au sud des Philippines, sur la côte Nord-Ouest de l’île de Mindanao.
Iligan est une petite ville industrielle avec quelques cimenteries et industries agroalimentaires de la province de Lanao del Norte.
Iligan est aussi nommée «
city of majestic waterfalls » du fait des nombreux cours d’eau, sources et chutes d’eau qui s’y trouvent (voir précédemment Tigao).
Des 44 barangay, unités administratives, que comprend le territoire de la commune, 21 sont situés dans les montagnes, parfois jusqu’à plusieurs heures de route de la ville, sur des pistes à peine carrossables.
La commune d’Iligan comprend environ 300 000 habitants, répartis en trois groupes :
lumad (animistes), chrétiens et musulmans.
Les chrétiens sont encore largement majoritaires contrairement à la ville de Marawi, à 30km d’Iligan, qui est à 97% musulmane.
Les lumad se regroupent plutôt dans les zones reculées des barangays de Rogongon et Mainit. Les musulmans et les chrétiens sont établis un peu partout, et vivent globalement en bonne harmonie. Les tensions qui existent dans les îles du sud et à l’ouest de Mindanao ne sont pas d’actualité à Iligan, qui est globalement un territoire « sûr ».
Comme dans le reste des Philippines, la population est jeune (55% de moins de 18 ans).

La plupart des habitants de la Digkilaan, où habitent tous nos nouveaux étudiants, sont des agriculteurs. Certains possèdent leur terre, mais la grande majorité se compose de métayers, ou de travailleurs agricoles sans terre. Il s’agit le plus souvent d’une agriculture de subsistance, dont le but essentiel est de nourrir la famille, et qui ne permet pas un niveau de vie élevé. Le revenu mensuel moyen tourne donc autour de 1000 à 2000 pesos ( soit entre 16 et 33 euros), pour en moyenne 5 enfants par famille, ce qui ne permet pas dans beaucoup de cas de s’occuper des questions d’éducation et de santé. Environ 15% de la population travaille dans le commerce (sari-sari) ou d’autres activités comme l’éducation ou le bâtiment.

La réunion s'est très bien passée même si, mon visaya n'étant pas encore très développé, quelqu'un a du s'occuper de traduire mon magnifique parler anglais. Les parents semblaient tous ravis et les quelques instituteurs qui ont participé à la réunion se sont montrés très impliqué dans le projet.

samedi 23 février 2008

Petit tour dans les alentours...

Charlotte, coordinatrice Manille et non pas celle de bubu, étant de passage sur Mindanao, nous décidons d'aller explorer les environs... C'est ainsi que nous prenons, le 13 février, le bus pour Cagayan de Oro.


  • Bienvenue à Makahambus Adventure Park, comprenez le "Durbuy Aventurelocal". Parc situé non loin de Cagayan de Oro et tenu par un petit philippin bien sympathique de Zabuonga qui parle l'espagnol et non pas le visaya... comme c'est étrange!





Au programme: multiples "ponts de singe", mousquetons, casques de rafting et zipline en pleine jungle. Rien de mieux pour fêter la Saint Valentin me direz-vous... et oui c'était un 14 février.









  • Après ce parcours émotions, pour se tenir à distance des pluies de cœur qui ont envahi la ville, les supermarchés, les rues, les jeepney, les tricycle et même les toilettes publiques nous allons visiter ... une grotte! Ben oui, aux grands maux, les grands remèdes...


  • Le lendemain, c'est à l'éco-village que l'on se rend histoire de découvrir la faune et la flore tropicales, de découvrir l'artisanat philippin pour les touristes et de se balader dans un parc loin de la pollution des villes (enfin ça c'est pour Charlotte, parce qu'on ne peut pas vraiment dire que la pollution à Butuan City est un problème majeur).


A programme: Aigles, Toucan, papillons fluorescents, Piton, singes (que nous n'avons pas vu mais parait qu'ils étaient là), serpents verts fluos, fleurs du paradis, palmiers,... et Ninja


  • Le soir venu, pour continuer sur notre lancée, nous assistons à un spectacle de danses tribales avec costumes traditionnels et assiettes en porcelaine et puis allons nous faire masser par des aveugles sur la grand place de Cagayan. Je crois que j'ai encore quelques bleus dans le dos et sur les bras pour en témoigner. Excellente idée d'une ONG philippine qu'il faut féliciter, mais j'aurais cru que leur sens accru du toucher aurait permis à Bob, mon masseur, de voir que je criais intérieurement!

















  • Le lendemain, départ pour Malaybalay à 6 heures du matin!
Le festival de Kaamulan avait déjà commencé, c'est avec joie dès lors que nous avons pu profiter des centaines de cabanes en bambous érigées pour l'occasion et, chaque cabane étant équipée de son propre appareil karaoké, nous avons pu également assister un véritable désastre musical.
Quand les philippins reprennent Céline Dion, Simon et Garfunkel, Aerosmith et Sinatra en coeur nous assistons sans aucun doute à la pire expérience musicale de toute notre vie.
Toutefois, le Festival de Kaamulan n'a pas uniquement pour but de vous faire regretter d'être entendant, il a pour but également de rassembler en un spectacle et une parade colorée les huit groupes indigènes de Bukidnon, à savoir: les Matigsalug, les Umayamnon, les Ilianon, les Pulangihon, les Talaandig, les Tigwa Manobo et les Manobo de Bukidnon ouest. Ce qui différencie le festival de Kaamulan des autres festivals des Philippines est, sans aucun doute, que les parades sont le fait des véritables natifs, des véritables indigènes et non pas des philippins de la ville revêtant les costumes traditionnels... Le festival dure jusqu'au 10 mars... dépêchez-vous!

Golden Jubilee des MSM

Avant la grande soirée des Missionary Sisters of Mary (MSM), il nous fallait une petite mise en jambe ou plutôt une mise en bouche. Au programme du foyer: chants, guitares et chorégraphies dignes de Kamel Ouali, rien de moins. Les clapettes, telles de vraies claudettes! Le Show devait commencer à 20 heures. Pour être franche, à l'approche du spectacle mon enthousiasme ne faisait que décroitre, il était proche de zéro. Des chants religieux, des musiques douces, des images d'anges, de Jésus et de colombes... voilà ce que j'imaginais. Voilà que l'exhibition commence et que je vois mes craintes se confirmer... mais très vite le spectacle prend une autre tournure, une autre ampleur. Les soeurs jouent dans la cour des Grands, ce n'est pas du Kamel Ouali ou des chorégraphies de claudette (quoique) mais du Notre Dame de Paris qu'elles nous offrent avec une légère touche de cirque du Soleil. Un mélange détonnant.
Des effets spéciaux avec des anges en frigolite montés sur les manches de brosse, des soeurs déguisées en Carabao (oui oui, en vache) avec deux autres qui essayent de leur monter sur le dos et qui sont à deux doigts de s'effondrer, des soeurs sur un habal-habal en frigolite qui nous offrent une chorégraphie sur bruit de moteur mixé façon techno, des soeurs en habits militaires qui jouent aux ombres chinoises, j'en passe et des meilleures.
J'étais trop loin, les photos ne rendent rien, mais je suis entrain de négocier avec Sister Famita, RP de Bayugan, pour qu'elle me grave le DVD. C'est une renommée internationale que devrait avoir ce spectacle. Pareille œuvre ne devrait pas se limiter à une seule et unique représentation croyez moi. Si un jour elles décident d'aller se produire en Belgique, promis je vous tiens au courant.


jeudi 21 février 2008

Visite des Urban Poor de Butuan


Le 9 février, dans le but d'apaiser certaines tensions qui pèsent sur les deux programmes de Sosumpit et d'échapper à la tentative du président de la communauté de prendre le contrôle du programme (on dirait un mauvais scénario de James Bond, rien de moins je vous assure vous êtes bien sur le blog de l'agent 007), je m'en vais visiter avec le président, la vice présidente du LBK (voir article précédent) et mes deux RP, 9 applicants de manière à élargir le programme et à trouver des filleuls dans les différents Urban Poor de Butuan.

Des familles dans le besoin, qui correspondent à
nos critères de pauvreté, des enfants qui ont envie d'aller à l'école et d'étudier et qui ont envie d'être aidé... voilà qui n'est malheureusement pas très difficile à trouver dans les environs... Le plus dur, ici, c'est plutôt la sélection...

A titre d'exemple je vais vous parler de la famille de Jerec.
Jerec et sa soeur, qui est presque aveugle, vivent dans une "maison" en carton-bois avec leurs parents.
Jerec rate souvent les cours parce qu'il doit rapporter de l'argent à la maison, le salaire de la mère et du père joints permettant t out juste d'offrir une ration de riz à la famille sur la journée, voir 2 kamotés par personne (pommes de terre sucrées). Le plus souvent, Jerec va laver quelques voitures en ville ou farfouille dans les poubelles. Le lavage de voiture rapporte, par jour, 20 pesos (soit un tiers d'euro).


La vie n'est, certes, pas cher dans le coin mais un tiers d'euro même en plein Tiers monde c'est pas grand chose. Surtout si l'on compte qu'il faut encore le diviser par 4 ce salaire mirobolant.
Durant cette journée, je découvre toute une série d'histoires extraordinairement affreuses et je découvre des quartiers de Butuan dont j'ignorais l'existence ainsi qu'un pont suspendu... vraiment bubu est plein de surprises.


Après 9 meriendas et un diner, 9 interviews d'enfants, une centaine de photos et quelques heures de tricycle... je rentre p
réparer les fiches filleul pour permettre à Aliénor, responsable des Philippines en France, de trouver des parrains pour ces étudiants... Si vous êtes intéressés (oui je fais de la PUB , non je n'ai pas honte) allez consulter le site (lien dans la colonnes de droite). Plus il y a de parrains, plus grand est le nombre d'enfants qu'on peut aider. L'argent bénéficie bel et bien à votre filleul et à sa famille, parole de bambou.






Bambou au Pays des Merveilles


Le 6 février, après 4 longues heures de sommeil, je prends le bus direction Cagayan.
Aux environs de 10h, après que le contrôleur m'ai brusquement réveillée, pieds nus, chaussures en main, sac au dos, paréo sur la tête (non pas pour me donner un style mais pour me cacher du soleil), je descends du bus au crossing Phividec.
Alors que j'étais entrain de me battre pour enfile
r mes chaussures en plein no man's land, je sens au-dessus de moi une ombre, je lève la tête et là, je vois Dgoy, qui tout pétant de forme comme s'il venait de s'enfiler 15 canettes de Tao, me dit :
- "Hé Shannon, là, on va visiter quelques familles à Tagaloan et puis on va manger chez l'une d'entre-elles après quoi on ira visiter Tagaloan Community College, où nous avons quelques étudiants, et enfin nous remontrons vers Malitbog pour rendre visite à quelques autres étudiants"
Et là de répondre:
- "Euh bonjour, euh ok, tout en montant instinctive
ment sur la moto".
Je m'imaginais à cet instant dans un cartoon genre titi et gros minet quand titi tape avec
une massue en bois sur la tête du gros chat noir qui ne peut se défendre parce que totalement coincé (juste pour que vous compreniez mon état de fatigue. Et me voilà en route vers nos filleuls de Tagaloan.
A 18 heures, c'est la fin des visites. Je me pose enfin dans mon nouveau gîte où j'apprends que je vais avoir la chance de partager le même lit (enfin...le même planché surélevé) que Sister Amy et que j'aurai une moustiquaire rose perso qui est presque sans trou.
J'apprends également que Amy a de nouvelles compagnes: 3 petites tortues qu'elle garde dans une bassine pleine d'eau...
Trouvant ça assez bizarre (ben oui, les animaux de compagnie ça ne fait pas légion dans la région), j'ose un : "Mais Sister d'où viennent ces tortues?" et là, explication surprenante... Sister m'explique que l'eau dans laquelle les tortues passent une journée constitue un supplément vitaminé pour les cochons et que c'est le pendant pour les animaux de l'eau aux champignons de mère Teresa de Calcutta qui est pour les humains... hé ben tiens en voilà une nouvelle! Ici pas besoin de Juvamin pour avoir bonne mine, des tortues, des champignons en gelé et le tour est joué... c'était donc ça l'enthousiasme de Dgoy ce matin. Tout s'explique!
Lors de notre discussion, j'informe également la Sœur que je retournerai vendredi à Butuan. Sur quoi elle me répond: "on friday! that's great on flyday". Ne comprenant pas la blague, mais comprenant qu'il s'agissait bien d'une blague vu l'enthousiasme de mon interlocutrice, je me mis à rire pour ne vexer personne. Mais je ne suis pas très bonne actrice. Sister me demanda immédiatement:
- "do you know what flyday means?"
- "Absolutly not Sister".
Et là, re-explication surprenante (décidément je devrais y aller plus souvent à Maltitbog). Elle m'explique que friday c'est le jour où les sorcières des environs se transforment en oiseaux (d'où flyday) et passent dans les maisons des personnes souffrantes pour leur ôter la vie. De quoi vous glacer le sang! Et voilà qu'elle se met à m'imiter le bruit de ces animaux étranges "kwaak kwaak". Mais bon, elle se veut rassurante et insiste bien sur le fait que je ne risque rien vu que vendredi je serai dans le bus et non pas dans une maison et que je ne suis pas souffrante. Ouf, merci Sister j'ai eu peur pendant un instant.

Le lendemain à 6h le coq chantait déjà depuis 2 heures. Dgoy ainsi que le papa d'une de nos étudiante qui m'avait demandé la veille de se joindre à notre randonnée et moi-même partons à la conquête des montagnes de Malitbog. C'est jour d'expédition. A nous les montagnes, la faune et la flore philippines!
Après que notre gentille Sister nous ai fourni en morceaux d'ananas, papayes, riz, dry fish et en eau minérale et qu'elle nous ai donné de multiples conseils nous partons en "ballade". Ce que nous croyions être une randonnée c'est cependant vite transformé en un "hide and seek montagnard".

Après quelques heures de marche dans un décor paradisiaque, je sens mes deux compagnons de "promenade" s'affoler en visaya. Je les regarde l'air hébété jusqu'à ce que leur débit de paroles ralentisse et que j'ose tenter un "There is something wrong ?". Et là ils me montrent tout deux du doigt une parcelle de terre (photo de gauche ci-dessus). Je finis après plusieurs déductions, parce que mon visaya reste assez limité mais mon cerveau très actif, par comprendre que la maison d'une de nos filleules se trouvait normalement à cet endroit mais qu'il n'y en a plus aucune trace... Je demande à mes compagnons:
- "Mais comment va-t-on les retrouver?"
Et la Dgoy fait à nouveau usage de son doigt, mais le pointe dans une toute autre direction en me disant:
- "on va aller demander des informations aux voisins".
- "Hein quoi?! Mais quels voisins?"
Et là je suis son doigt et aperçoit un point à l'horizon qui selon Dgoy n'était rien d'autre qu'une maison et que je dû croire sur parole. Nous marchons donc dans la direction des "voisins" pendant que, dans ma tête, je me répètais sans cesse: "Dans quelle mesure on peut qualifier ces gens de voisins?", "N'y a-t-il pas dans la définition de ce terme proposée par le Petit Robert quelque chose qui empêcherait de qualifier ces habitants de voisins?!" Parce qu'il me semble, bien qu'il s'agisse d'un lointain souvenir, qu'il y ai une notion de proximité dans cette définition qui était totalement absente dans la situation présente.
Arrivés chez la "voisine", cette dernière nous apprend que la maison de notre filleule a été démolie par le vent (en même temps quand on décide d'aller s'installer au sommet d'une montagne, tu me diras... c'est le risque) et qu'ils ont dès lors décidé de reconstruire leur maison, non plus au sommet, mais entre deux montagnes, dans le creux, pour se protéger du vent.
- "Et il est où exactement ce creux de montagne?"
La voisine de nous répondre:
- "De l'autre côté. Vous devez retourner où était l'ancienne maison (à savoir d'où on vient) et redescendre sur l'autre versant"
- "ah ben merci ma bonne dame"
Nous voilà donc repartis dans l'autre sens, tout transpirants mais rassurés, notre filleule n'est pas perdue! Cette bonne nouvelle déclenche d'ailleurs chez mes compagnons une envie de chanter. C'est ainsi que je découvre avec enthousiasme les paroles de "father and son" de Simon and Garfunkel: "Look at me, I am old but I'm happy". Non pas que je me retrouve entièrement dans ces paroles mais, qu'importe j'étais prête à chanter n'importe quoi. - "Pourquoi d'ailleurs on ne chanterait pas un petit My Way de Sinatra?"

Oups, erreur! On ne peut pas chanter cette chanson aux Philippines me dit-on... Interloquée par cette étrange révélation, dans un premier temps, je pense à la doctrine Sinatra et à un vague lien avec le communisme et tente d'établir un quelconque connexion, quand je vous dis que mon cerveau bouillonne, mais avant que je me repasse tout mon cours de géopolitique Dgoy me ramène sur terre.
-"Ce n'est pas pour des raisons politiques, c'est en raison d'un fait divers qui a eu lieu à Manilles il y a quelques années"
-"Ah bon?"
-"Ben oui, un jour, dans une karaoké de Manilles, alors qu'un jeune homme prononçait les premières paroles de cette merveilleuse chanson And now The end is near... il s'est fait tirer dessus". "Un homme saoul qui trouvait assez drôle de tuer quelqu'un qui chantait qu'il sentait la fin proche"
Ouais, ben j'y penserai à 2 fois maintenant avant de la chanter cette chanson.On va rester sur I'm old, but I'm happy c'est moins risqué.C'est vrai qu'on ne sait jamais, un homme pourrait sortir d'un palmier et nous abattre. Tout ça pour dire aussi que le karaoké comporte des risques. Les plus grands dangers ne sont pas toujours ceux qu'on croit.


Bon, après cet intermède musical et quelques glissades casse-gueule, nous arrivons dans la famille de Myrafel. Elle n'est pas là, elle est à l'école (bonne nouvelle). Néanmoins, nous avons la joie de découvrir toute sa petite famille.La maison qu'ils ont reconstruit doit faire 2m sur 2 et se trouve à une heure d'un point d'eau et à 2h de marche (rapide) de la "ville" (entendez par ville, bas de la montagne et non pas endroit où il y a un centre commercial). Autant dire que c'est une relocalisation réussie.

Après avoir passé un petit moment en compagnie de la petite famille et de leur carabao, la team, qui s'est agrandie d'un membre le papa de Myrafel s'étant rajouté à la fine équipe, s'en va vers d'autres horizons.

Nous partons à la recherche d'un autre filleul. Après 4 montés et 4 descentes de collines, un sautage de barrière (dont j'ignore toujours l'utilité vu qu'elle était discontinue mais qui m'a fait penser à la fameuse blague scout de vas chercher les clés de la prairie à l'intendance), nous y voilà. Moi ne tenant plus, pendant la préparation du repas, je m'endors sur les sacs de riz. Au passage, je suis très heureuse de vous annoncer que j'ai maintenant développé cette faculté, que j'enviais tant à d'autres, de m'endormir n'importe où et sur n'importe quoi. J'ai découvert les délices de la sieste à la mode asiatique.
Après avoir manger des pattes de poules, du riz et av
oir offert aux maîtres de maison mes quelques morceaux d'ananas... nous repartons direction notre maison!



A 17h, nous arrivons enfin à l'endroit où nous attend notre chauffeur, notre conducteur de "habal habal". Nous décidons alors d'aller boire un verre de coca et de manger quelques douceurs locales dans un sari-sari (épicerie locale).
Nous descendons tous de la moto. Je vois alors Dgoy se diriger vers la vendeuse du sari-sari, puis se diriger vers un autre sari-sari et discuter avec la vendeuse de ce dernier. Ensuite, il s'adresse à ses compatriotes qui remontent tous sur la moto. Une fois sur la moto, parce que j'ai suivi le mouvement, je tente un :
- "What's wrong with those sari-sari?"
Et là Dgoy de me répondre:
- "Ils ne vendent pas de coca, ils n'ont que du Virgin cola. On ne va pas prendre le risque, ça n'a peut-être pas le même goût"
Et là, moi de penser:
Le risque, mais de quel risque il parle? Ce ne sont pas des pattes de poulet qu'on a mangé ce midi? C'est quoi leur échelle de risque?

Philippin c'est tout un concept.

5 minutes plus tard, nous voici dans un nouveau sari-sari où Dgoy nous commande 1 bouteille de Sprite.

Philippin c'est tout un concept.

Après ce choc culturel, nous passons rendre visite à Myrafel qui sort de l'école et s'apprête à renter chez elle, puis nous retournons dans notre gîte pour un petit verre de Tanduay (whisky qui selon Sister Amy aide à mieux dormir, si c'est Sister qui le dit...)en compagnie du voisin.

La journée ayant été riche en émotions et en efforts et étant donné que j'avais 2 interviews d'étudiantes à 7h le lendemain et un rendez-vous à Cagayan à 10h avec le responsable d'un potentiel futur programme, j'espérais bien passer une bonne nuit, mais c'était sans compter sur les fameuses superstitions philippines.

C'est alors que je rêvais et que j'étais en phase de sommeil plus que profond que Sister Amy me secoue. Elle me regarde d'un air paniqué et me dit qu'elle croit que mon GSM a sonné. Fatiguée et encore à moitié endormie, je réponds d'un désinvolte "I don't care Sister". Cette réponse ne sembla toutefois pas du tout la satisfaire. Elle me répéta la voix tremblante qu'il faudrait vraiment que je vérifie si mon téléphone a bel et bien sonné. La voyant insistante, mais étant peu compréhensive quand je suis en demi-sommeil, je tente de lui imiter le bruit de ma sonnerie. Cela ne sembla toujours pas satisfaire Sister. Ne comprenant pas la réaction, mais ayant bien compris qu'elle ne me laisserait pas me rendormir si facilement, je fini par céder. Une fois en possession de mon GSM, je constate avec elle qu'il a bel et bien sonné, 1 appel en absence et 2 messages. Je la sens d'un coup plus soulagée mais je lui demande quand même: "Are you ok Sister?". Et là,elle m'explique très normalement qu'elle a entendu des bruits bizarres et que donc elle a été réveiller Dgoy, qui lui a dit qu'il s'agissait probablement de mon téléphone portable (bien vu Dgoy). Sauf que Sister, elle, elle a cru qu'il s'agissait de Dwarfs, petits êtres maléfiques de 5 centimètres qui jettent des sorts et boivent du lait où un truc comme ça. Ce pourquoi elle voulait que je vérifie que c'était bien mon GSM qui avait sonné et non pas des Dwarfs venus pour nous tuer...Ah ben voilà, je comprends mieux maintenant.

Philippin c'est tout un concept.