jeudi 24 avril 2008

Visites de nouveaux filleuls ou le marché de Maam Petate



Le 20 avril dernier, j'ai été visiter avec Maam Petate une dizaine de familles afin de prendre de nouveaux filleuls dans son programme.
7h00 du matin, Maam Petate arrive, fraiche comme un gardon, avec une heure d'avance... je suis d'excellente humeur!
A peine le temps de m'enfiler un café et nous montons dans sa nouvelle voiture de fonction. Elle vient, en effet, d'être engagée au bureau national de statistiques à Prosperidad et ils lui ont offert une 4x4 tout ce qu'il y a de plus polluant. Elle
vient également de passer son permis, mais ayant trop peur de conduire, elle nous a affrété un chauffeur... On va faire impression dans Bubu... J'ai envie de m'enfouir sous terre.
Les visites commencent fort. Première cabane en bois, une famille de cinq personnes qui vit dans 3m2. Les parents se sont mariés très jeunes, à la sortie des humanités, mais ne regrettent rien m'affirme la maman en serrant son fils contre sa poitrine et en éclatant en sanglots. Après quelques minutes de discussion, la maman retrouve heureusement le sourire et nous partons dans un autre quartier de Butuan. Nous arrivons chez une femme qui vit seule avec sa fille. Elle tient un petit restaurant dans sa maison, ou plus justement une casserole posée sur une planche en bois dont elle vend le contenu aux voisins qui n'ont pas le temps de cuisiner. Mais Ô surprise, elle fait également des "tapis en peau de T-shirts". Elle achète des vieux T-shirts qui ne sont plus mettables et les découpe en fines lamelles, après quoi elle s'adonne à une sorte de tissage savant. Maam Petate, avec son âme commerçante, adore l'idée. Après avoir calculé quel bénéfice elle se faisait par tapis (10 pesos soit 1/6 d'euros) pour se faire une idée de son salaire et s'être exclamé, à juste titre, que c'était tout à fait insuffisant, Maam Petate se met à négocier les prix. Résultat: elle a réduit ce bénéfice à 5 pesos par tapis. Un vrai requin!
Une fois les emplettes terminées, nous continuons nos visites. Nous arrivons dans une famille où les deux parents sont vendeurs sur le marché, tiens justement. Le mari vient d'acquérir un stock de chaussettes qu'il tente de liquider. Maam Petate semble intéressée, mais le monsieur avoue que ça ne se vend pas très bien, tellement mal d'ailleurs qu'il n'en a vendu aucune, les gens n'y voyant pas d'utilité. Et là, Maam Petate réalise qu'elle non plus ne saurait pas quoi faire de ces chaussettes. Mais telle une acheteuse compulsive, son regard se pose autre chose: un chiot. C'est parti, elle l'embarque en moins de temps qu'il faut pour le dire. Nous voilà maintenant en compagnie d'un chien qui s'appellera spoty II car il est blanc à tâches noires... Allez comprendre! C'est le cinquième chien de Maam Petate et ses autres chiens répondent tous à la même règle: s'ils sont noirs c'est blacky, s'ils sont bruns c'est browny,donc lui, il est tacheté, ce sera "spoty" mais elle en a déjà un donc spoty II!
Voilà comment Maam Petate joint l'utile à l'agréable et s'évite d'aller faire les courses au Gaisano!

lundi 7 avril 2008

Baan pense en vert !

Petite visite au foyer de Baan où j'ai eu l'immense honneur d'assister à un cours de couture avec quelques filles du centre.
Ici toutefois, point de laine, peu de fils et adieu les tissus bariolés façon sixties, d'ailleurs adieu tous les tissus! Beuh que cousent-ils alors
...? Pour ne pas vous laisser dans l'ignorance, je vais partager avec vous mes nouveaux savoirs.



J'ai ainsi appris et retenu:
  • qu'on pouvait faire des T-shirts en Abaca,c'est-à-dire en fibres de feuilles de bananier de manière à obtenir une matière textile dite "chanvre de Manille". Waouw un t-shirt qui sent la banane mmmmmmh qui dit mieux?
  • qu'on pouvait également s'habiller avec des sacs de riz,les découper et en faire des shorts et des T-shirts!mmmmmmmmh un T-shirt qui sent... euh non rien!



Adieu les vêtements synthétiques, bonjour le bio, le recyclé,le vert,bonjour les démangeaisons mais c'est pour la bonne cause!
Gardez-en moi un de côté!



lundi 31 mars 2008

Anniversaire...
la suite en images:


  • Préparatifs auxquels je n'ai pas assisté étant congédiée dans ma chambre à mon arrivée, mais qui ont duré des heures. Entre maquillage, habillage et cuisinage.
  • Buffet du tonnerre avec spaghettis made in Tonio, banana kiu, riz (évidemment, faudrait pas trop me dépayser) et gâteau crémeux à souhait. Miam même pas gouté! j'me suis contentée de souffler les bougies.
  • Etaient présents: Parents, enfants et responsables des 2 programmes de Sosumpit ainsi que le Conseil d'administration du LBK et les étudiants du foyer

  • Au programme: danses, chants, voeux, couronne, poèmes, cadeaux et bouquets de fleurs.


  • Pour finir: Soirée au Moff's de Bubu avec Paillette du duo butuanesque "Clapette et Paillette" et Tonio de Manille. A nous Butuan by Night





















dimanche 30 mars 2008

* Malitbog en fête*



Le 27 février, fin d'après-midi, je prends mon bus direction Cagayan de Oro. Dgoy, assistant de la responsable du programme de Malitbog, préparait une fête que je ne pouvais manquer sous aucun prétexte... je pressentais le karaoké!
Mais avant que la vraie fête commence, étudiants et enfants de mon programme m'ont fait une surprise: ils m'ont obligée à chanter et à danser sur une chanson en français de mon choix ... Prise au dépourvu, je n'ai eu d'autres choix (parce que mon cerveau ne m'en présentait aucun autre) que d'entamer la très célèbre "bip coin coin song" et ses crazy signs associés... La dernière nuit avant mes 23 ans et me voilà entrain d'imiter les animaux de la ferme! Après cet interlude musical, qui a bien entendu fait l'unanimité et qui restera à jamais gravé dans les mémoires (surtout le moment où je fais le cochon), la vraie fête de Dgoy commence. Les enfants s'en vont et le Tanduay arrive (rhum local). Je me retrouve en compagnie des amis de Dgoy qui, contre toute attente, adorent le karaoké (comme c'est bizarre). Mais attention pas n'importe quoi! De la grande chanson dont la consécration fût le "I'm Mister Lonely" en Tagalog! Attention sortez vos mouchoirs.
Après plusieurs heures de discussion sur les coutumes européennes allant du mariage à la cuisine en passant par l'éducation des enfants,... je me décide à suivre les conseils de Sister Amy.
Cette dernière m'avait averti vers 23h, voyant que je n'étais toujours pas fatiguée et donc pas prête à aller me coucher, que je risquais d'être réveillée aux aurores, entendez par là vers 3 -4 heures du matin. Je vais donc rejoindre mon planché surélevé (entendez mon lit) car j'ai bien peur que ses prédictions se révèlent exactes. Non pas que je pense qu'elle ait des pouvoirs de prémonitions (non, non), mais que depuis que je suis là j'en ai vu et entendu parlé des anniversaires et je sais que la coutume en montagne (qui a une fâcheuse tendance à s'étendre dans les villes d'ailleurs) veut que l'on réveille le chanceux qui fête son anniversaire avant le levé du soleil!
C'est alors qu'après 2h30 de sommeil, je réalise que ma compagne de planché a disparu et que je crois entendre des chants, mais comme je vous l'ai dit ça ne faisait que 2h30 que je dormais donc je repose la tête sur l'oreiller jusqu'à ce que bouf baf, la connexion se fasse dans mon cerveau... Des gens sont effectivement entrain de chanter et bizarrement j'entends mon nom... écartant d'emblée l'hypothèse du Dwarf... je me lève et, à peine sortie de ma moustiquaire, je tombe nez à nez avec une vingtaine de personnes et une guitare. Trois secondes plus tard, je réalise que j'ai un régime entier de bananes dans les mains... des enfants s'approchent, m'offrent des fleurs, mais je suis toujours dans un demi sommeil, j'ai l'impression d'être en plein rêve...

Bouf enfin, je me réveille! Voilà qu'à 4h du matin je prends mon petit déjeuner avec 20 personnes que je ne connaissais pas il y a 6 mois et avec un charmant jeune homme qui découpe une chèvre à la machette à côté d'une tête de cochon, cochon qui a donc été précédemment décapité. Et là bizarrement pas de relents d'estomac, pas d'envie d'aller directement me recoucher, me voilà avec un sourire béat...
Ah si vous l'aviez su que moi ce qui me plairait le jour de mon anniversaire c'était un réveil nocturne, un régime de bananes, un cochon gisant et un "machettage" de chèvre...


Après cette célébration matinale (pour ne pas dire nocturne), Sister me propose d'aller me recoucher quelques heures... je ne me fais pas prier!


Second réveil 2 heures plus tard, je sors de ma moustiquaire et là, je vois tout le monde en action... "Déplumage" de poulet, "cuisage" de riz, "continuage" de découpage de nos amis porcins... Ben oui, aujourd'hui ce n'est pas que mon anniversaire, c'est aussi, et c'est pour ça que j'étais là, le blessing du bâtiment que Sister Amy tente de construire. L'idée de fêter mon anniversaire au milieu de nulle part pour faire du grand n'importe quoi (avec tout le respect que je vous dois Sister Amy) m'avait en fait charmée!
Un blessing, pour ceux qui ne le savent pas, c'est quand un prêtre vient arroser les 4 coins d'un bâtiment dont la construction vient de se terminer pour porter chance. Bon, ici, la définition a été revisitée... La construction étant tellement lente, Sister Amy n'a pu en attendre la fin pour voir le lancement d'eau bénite.
Quant à moi, je n'ai pas été très attentive lors du blessing, mon attention s'étant portée vers l'extérieur (je remets tout sur le compte de l'absence de murs). Mais c'est grâce à ce manque d'attention que je peux maintenant vous conter ce que j'ai pu découvrir, et que je vais dès lors partager avec vous, à savoir comment enlève-t-on le cochon de la broche (ou plutôt du piquet de construction) sur lequel il a été empalé de manière à être cuit? C'est très simple!
Vous prenez trois hommes et un mur en pierres. Les trois hommes tapent le bout opposé du piquet de construction sur le mur en pierres jusqu'à ce que le cochon bouge et glisse pour venir se déposer sur le plateau en bois où il se fera "fourchetter"! Miam. Maintenant vous voilà au courant.
Aussi, le prêtre ayant sans doute remarqué mon inattention passagère, m'a rappelée à l'ordre en me lançant non pas une mais trois giclées d'eau bénite en pleine tête... Mettons ça également sur le compte de l'absence de murs...

Une fois la bénédiction terminée et le festin succulent englouti (par d'autres que moi) j'ai repris ma moto puis mon bus pour Butuan où d'autres festivités m'attendaient.

jeudi 27 mars 2008


N
on-anniversaire

Sous le prétexte d'aller visiter de nouvelles familles ma nouvelle amie, Sister Nova, a réussi à me faire venir à Cabadbaran.

A peine j’avais passé la porte que je vois tous les parents et enfants de mon programme entrain de préparer des chorégraphies et de faire des vocalises.

Le temps que je réalise que tout ce petit monde est là pour moi (un temps certain parce que moi j'viens pour des visites c'est dans mon planning, j'imagine pas qu'on peut tout me bouleverser mon emploi du temps! En plus, le 24 février j’vois pas pourquoi on ferais un truc pour moi ?! moi j’suis née le 28…cerveau lent j’vous dis), le spectacle commence.

Un vrai anniversaire sur mesure ! Tout ce que j’aime… des courses relais avec des assiettes en plastique à coincer dans toutes mes articulations, des échanges de tomates par cuillères interposées, une couronne en carton et feuilles de bananier qu’on m’oblige à porter et une banderole à la Miss Belgique pour bien rappeler que c’est moi la "célébrante", des chansons où l’on apprend que la noix de coco est une grosse noix mais n’est pas une noix et que si t'en mange trop tu deviens gros…aucun sens et sur un air à la Patrick Sébastien…du sur mesure je vous dis, du sur mesure !









Après quoi nous passons au buffet préparé par les parents de nos chers bambins. Bon je ne vais pas aller jusqu’à dire que la bouffe était aussi sur mesure parce que certains pourraient croire que j’en fais trop mais la petite touche culinaire philippine m’a néanmoins fait beaucoup rire et vous aussi, croyez moi, vous auriez rit en voyant cette gelée couleur lait-grenadine avec des morceaux noirs (indéfinis encore) qu’ils m’ont tous regardé manger. Quand je rentre c’est décidé je me mets au théâtre ils ont tellement cru que je trouvais ça bon qu’ils ont failli me refiler la fin en doggy bag…ai réussi à esquiver de justesse!







Merci Cabadbaran

mercredi 26 mars 2008

Pas d'affolement, je ne suis pas morte, je ne me suis pas faite enlevée par des rebelles ni n'ai mangé un truc avarié. Je me suis bel et bien remise de la souris escaladeuse de bras, quoique ce fût assez long, et n'ai pas fait une overdose de bananes mayonnaise qui m'aurait tenue à l'écart de mon ordinateur car derrière mon ordinateur j'y suis beaucoup ces derniers temps croyez-moi! Cette désertion blogesque n'est due qu'à un manque de temps... promis j'y remédie au plus vite et je vous tiens chers amis, famille et donateurs au courant de l'évolution des programmes et de ma mission dans un avenir proche...

mardi 4 mars 2008

Le grand jour est arrivé...!



J'y avais pensé, tellement pensé que j'en avais du mal à dormir, ça provoquait en moi des sursauts, des palpitations, le coeur qui s'emballe. Je m'étais imaginée la scène, j'avais prévu la crise cardiaque, j'y songeais presque tous les jours, cela commandait la plupart de mes mouvements, avait un impact sur tous mes déplacements. J'avais l'oeil! J'avais développé un radar... J'affinais mes connaissances pour pouvoir mieux l'éviter, j'en apprenais chaque jour plus sur l'ennemi. Ennemi qui depuis quelques jours avait bizarrement disparu. Je me croyais guérie... Je me voyais flânant dans le centre, dans le noir, plus besoin d'allumer la lumière, je me voyais dansant dans ma chambre en regardant le plafond, une nouvelle vie m'ouvrait les bras
Et non Non et re-non...que du rêve tout ça! Tout a été chamboulé, mes angoisses se sont vues justifiées!... Hé oui cette nuit une souris a couru sur mon bras!
(merci de compatir)

lundi 25 février 2008

Un nouveau programme : Iligan

Ce 19 février, le 90e programme d'Enfants du Mekong aux Philippines a célébré son ouverture officielle. Seize enfants sont désormais sponsorisés à Digkilaan, c'est-à-dire dans les environs de la ville d’Iligan qui est située au sud des Philippines, sur la côte Nord-Ouest de l’île de Mindanao.
Iligan est une petite ville industrielle avec quelques cimenteries et industries agroalimentaires de la province de Lanao del Norte.
Iligan est aussi nommée «
city of majestic waterfalls » du fait des nombreux cours d’eau, sources et chutes d’eau qui s’y trouvent (voir précédemment Tigao).
Des 44 barangay, unités administratives, que comprend le territoire de la commune, 21 sont situés dans les montagnes, parfois jusqu’à plusieurs heures de route de la ville, sur des pistes à peine carrossables.
La commune d’Iligan comprend environ 300 000 habitants, répartis en trois groupes :
lumad (animistes), chrétiens et musulmans.
Les chrétiens sont encore largement majoritaires contrairement à la ville de Marawi, à 30km d’Iligan, qui est à 97% musulmane.
Les lumad se regroupent plutôt dans les zones reculées des barangays de Rogongon et Mainit. Les musulmans et les chrétiens sont établis un peu partout, et vivent globalement en bonne harmonie. Les tensions qui existent dans les îles du sud et à l’ouest de Mindanao ne sont pas d’actualité à Iligan, qui est globalement un territoire « sûr ».
Comme dans le reste des Philippines, la population est jeune (55% de moins de 18 ans).

La plupart des habitants de la Digkilaan, où habitent tous nos nouveaux étudiants, sont des agriculteurs. Certains possèdent leur terre, mais la grande majorité se compose de métayers, ou de travailleurs agricoles sans terre. Il s’agit le plus souvent d’une agriculture de subsistance, dont le but essentiel est de nourrir la famille, et qui ne permet pas un niveau de vie élevé. Le revenu mensuel moyen tourne donc autour de 1000 à 2000 pesos ( soit entre 16 et 33 euros), pour en moyenne 5 enfants par famille, ce qui ne permet pas dans beaucoup de cas de s’occuper des questions d’éducation et de santé. Environ 15% de la population travaille dans le commerce (sari-sari) ou d’autres activités comme l’éducation ou le bâtiment.

La réunion s'est très bien passée même si, mon visaya n'étant pas encore très développé, quelqu'un a du s'occuper de traduire mon magnifique parler anglais. Les parents semblaient tous ravis et les quelques instituteurs qui ont participé à la réunion se sont montrés très impliqué dans le projet.

samedi 23 février 2008

Petit tour dans les alentours...

Charlotte, coordinatrice Manille et non pas celle de bubu, étant de passage sur Mindanao, nous décidons d'aller explorer les environs... C'est ainsi que nous prenons, le 13 février, le bus pour Cagayan de Oro.


  • Bienvenue à Makahambus Adventure Park, comprenez le "Durbuy Aventurelocal". Parc situé non loin de Cagayan de Oro et tenu par un petit philippin bien sympathique de Zabuonga qui parle l'espagnol et non pas le visaya... comme c'est étrange!





Au programme: multiples "ponts de singe", mousquetons, casques de rafting et zipline en pleine jungle. Rien de mieux pour fêter la Saint Valentin me direz-vous... et oui c'était un 14 février.









  • Après ce parcours émotions, pour se tenir à distance des pluies de cœur qui ont envahi la ville, les supermarchés, les rues, les jeepney, les tricycle et même les toilettes publiques nous allons visiter ... une grotte! Ben oui, aux grands maux, les grands remèdes...


  • Le lendemain, c'est à l'éco-village que l'on se rend histoire de découvrir la faune et la flore tropicales, de découvrir l'artisanat philippin pour les touristes et de se balader dans un parc loin de la pollution des villes (enfin ça c'est pour Charlotte, parce qu'on ne peut pas vraiment dire que la pollution à Butuan City est un problème majeur).


A programme: Aigles, Toucan, papillons fluorescents, Piton, singes (que nous n'avons pas vu mais parait qu'ils étaient là), serpents verts fluos, fleurs du paradis, palmiers,... et Ninja


  • Le soir venu, pour continuer sur notre lancée, nous assistons à un spectacle de danses tribales avec costumes traditionnels et assiettes en porcelaine et puis allons nous faire masser par des aveugles sur la grand place de Cagayan. Je crois que j'ai encore quelques bleus dans le dos et sur les bras pour en témoigner. Excellente idée d'une ONG philippine qu'il faut féliciter, mais j'aurais cru que leur sens accru du toucher aurait permis à Bob, mon masseur, de voir que je criais intérieurement!

















  • Le lendemain, départ pour Malaybalay à 6 heures du matin!
Le festival de Kaamulan avait déjà commencé, c'est avec joie dès lors que nous avons pu profiter des centaines de cabanes en bambous érigées pour l'occasion et, chaque cabane étant équipée de son propre appareil karaoké, nous avons pu également assister un véritable désastre musical.
Quand les philippins reprennent Céline Dion, Simon et Garfunkel, Aerosmith et Sinatra en coeur nous assistons sans aucun doute à la pire expérience musicale de toute notre vie.
Toutefois, le Festival de Kaamulan n'a pas uniquement pour but de vous faire regretter d'être entendant, il a pour but également de rassembler en un spectacle et une parade colorée les huit groupes indigènes de Bukidnon, à savoir: les Matigsalug, les Umayamnon, les Ilianon, les Pulangihon, les Talaandig, les Tigwa Manobo et les Manobo de Bukidnon ouest. Ce qui différencie le festival de Kaamulan des autres festivals des Philippines est, sans aucun doute, que les parades sont le fait des véritables natifs, des véritables indigènes et non pas des philippins de la ville revêtant les costumes traditionnels... Le festival dure jusqu'au 10 mars... dépêchez-vous!

Golden Jubilee des MSM

Avant la grande soirée des Missionary Sisters of Mary (MSM), il nous fallait une petite mise en jambe ou plutôt une mise en bouche. Au programme du foyer: chants, guitares et chorégraphies dignes de Kamel Ouali, rien de moins. Les clapettes, telles de vraies claudettes! Le Show devait commencer à 20 heures. Pour être franche, à l'approche du spectacle mon enthousiasme ne faisait que décroitre, il était proche de zéro. Des chants religieux, des musiques douces, des images d'anges, de Jésus et de colombes... voilà ce que j'imaginais. Voilà que l'exhibition commence et que je vois mes craintes se confirmer... mais très vite le spectacle prend une autre tournure, une autre ampleur. Les soeurs jouent dans la cour des Grands, ce n'est pas du Kamel Ouali ou des chorégraphies de claudette (quoique) mais du Notre Dame de Paris qu'elles nous offrent avec une légère touche de cirque du Soleil. Un mélange détonnant.
Des effets spéciaux avec des anges en frigolite montés sur les manches de brosse, des soeurs déguisées en Carabao (oui oui, en vache) avec deux autres qui essayent de leur monter sur le dos et qui sont à deux doigts de s'effondrer, des soeurs sur un habal-habal en frigolite qui nous offrent une chorégraphie sur bruit de moteur mixé façon techno, des soeurs en habits militaires qui jouent aux ombres chinoises, j'en passe et des meilleures.
J'étais trop loin, les photos ne rendent rien, mais je suis entrain de négocier avec Sister Famita, RP de Bayugan, pour qu'elle me grave le DVD. C'est une renommée internationale que devrait avoir ce spectacle. Pareille œuvre ne devrait pas se limiter à une seule et unique représentation croyez moi. Si un jour elles décident d'aller se produire en Belgique, promis je vous tiens au courant.